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John King New Noise Interview (in French)

Originally published in New Noise Magazine
by Marianne Peyronnet
January-February 2017

 

jk1-300Photo : Jaimie MacDonald
En colère, John King ? The Liberal Politics of Adolf Hitler, son dernier roman, pas encore traduit en français, est une dystopie féroce, un coup de gueule qui tabasse contre l’Union Européenne, les banques, la surveillance généralisée, l’érosion de la démocratie. La société qu’il décrit est dirigée par les bureaucrates, dans une Europe si unifiée que les pays membres s’y sont fondus. La technocratie se passe de l’avis des peuples, contrôle l’information et impose la terreur grâce aux nouvelles technologies. Heartland peut dormir tranquille. Les Bons Européens ont compris ce qui est bien pour eux. Sous leurs dômes de verre, les villes sont protégées. La climatisation est bien réglée, l’air aseptisé. Les animaux sauvages sont éradiqués. A l’extérieur, quelques zones de résistance subsistent, mais elles seront vite annexées. Ceux qui osent se rebeller, ces terroristes réactionnaires, seront sévèrement punis. Partout règnera la Nouvelle Démocratie.
John King était pour le Brexit, vous l’aurez compris, mais on aurait tort de ne voir dans son livre qu’une attaque passagère et anglo-anglaise contre L’UE. C’est un avertissement plus vaste, et durable contre les dérives de notre monde, contre une globalisation imposée qui broie les petits, contre une pensée « libérale » unique. Vision glaçante d’un futur totalitaire empruntant à Orwell son efficacité narrative, The Liberal Politics of Adolf Hitler, pénétrée d’un humour so british, est une oeuvre qui fera date.
Dans ton dernier roman, une dystopie, il n’y a plus de pays en Europe, mais un état supranational, l’Etat Uni d’Europe (l’EUE), dirigé par une élite technocratique. Les Crates, les Bureaus et les Contrôleurs sont au service du pouvoir centralisé établi à Bruxelles et Berlin. Dans cette Nouvelle Démocratie, « il n’y a plus besoin d’élections. » Les Bons Européens sont heureux de respecter les règles. Ceux qui ont des idées incorrectes, les Communs, sont considérés comme des terroristes qui doivent être éduqués et réprimés. Sur la quatrième de couverture, il est écrit : « bien que situé dans le futur, le livre parle bel et bien d’ici et maintenant. » Penses-tu réellement que les Européens vivent dans un simulacre de démocratie et que l’Union Européenne nous entraîne vers une dictature ?

Je ne pense pas qu’on en soit encore arrivé là, mais je crois fermement que la démocratie est en train de s’éroder. Au niveau national, il est clair que nos élites ont délaissé nos souverainetés au profit de Bruxelles. Il y aura toujours des gens et des organisations qui veulent contrôler la société, et tant que nous aurons facilement accès au crédit et à un bon niveau de prospérité matérielle, ça sera toujours le cas. Alors oui, je pense que l’Union Européenne pourrait devenir une dictature un jour, mais une dictature très différente de celles que nous avons vécues par le passé. On ne parle pas ici de leaders qui braillent ou de soldats qui défilent ou d’invasions éclairs à la blitzkrieg. Cela serait plus subtil et plus durable, accompli grâce à la manipulation des lois et une utilisation astucieuse d’internet, un lent processus de lavage de cerveau des populations par la réécriture de l’Histoire dissimulée sous une couche de vernis progressiste. On dit que la véritable force d’un système totalitaire se tient plus dans sa bureaucratie que dans son armée et je pense au magnifique roman de Hans Fallada, Seul dans Berlin, à la peur que ressentent les principaux personnages, à vivre dans une société où personne n’ose dire ce qu’il pense, car ils sont entourés de délateurs. J’ai toujours à l’esprit 1984 de George Orwell et son « pouvoir des prolos », où le seul espoir qui reste réside dans le peuple, dans la force potentielle des masses si seulement elles pouvaient s’unir. Dans ces livres, l’information est contrôlée, déformée. Qu’est-ce qui est vrai, et qu’est-ce qui est faux ?

La mission de l’Union Européenne, celle de créer un Etat supranational, s’est développée à travers les générations, et pendant des décennies ce coup d’Etat au ralenti s’est déroulé dans les coulisses, et quiconque a osé le remettre en question a été insulté et sali. Mais l’Union Européenne est seulement une partie de quelque chose de plus vaste qui comprend la globalisation, une gouvernance mondiale, un pouvoir toujours plus grand accordé aux banques et aux multinationales, et l’exploitation d’internet et des nouvelles technologies.

N’y a-t-il pas une sorte de provocation dans le titre que tu as choisi, The Liberal Politics of Adolf Hitler, une sorte de provocation punk ?

Le titre est une absurdité qui reflète à quel point l’Histoire a été déformée à l’ère de cette Nouvelle Démocratie. Avec un peu de chance, les gens y réfléchiront quelques secondes plutôt que s’attarder sur son sens littéral. C’est du double langage. Du triple langage même. Je ne l’ai pas pensé comme une provocation, mais tu as raison, il y a beaucoup de connections avec le punk dans mon roman.

Comme le chantaient les Clash dans « (White Man) In Hammersmith Palais » : « If Adolf Hitler flew in today, they’d send a limousine anyway. » Si Hitler atterrissait aujourd’hui, ils lui enverraient une limousine.

Ce qui unit les Bons Européens, c’est l’uniformité, la conformité, rien d’autre que du vide. Ils pensent tous la même chose, mangent la même chose. Considères-tu que l’Union Européenne nie les spécificités, les identités des différents pays ?

Cet élément a toujours été présent dans notre société, mais il a pris de l’ampleur, est devenu plus influent, plus accepté. Dans mon roman, je pousse les choses plus loin, au point que les pensées de ces Bons Européens sont autocensurées, sont une extension du prétendu politiquement correct, ce qui peut être étouffant et destructeur, quand chaque mot ou geste peut être pris de travers. Je crois en la liberté de parole et de pensée, et je vois bien combien la liberté de parole au moins est attaquée. Si vous obéissez aux règles, vous serez récompensés… ça n’a rien de nouveau.

En ce qui concerne l’Union Européenne, ce à quoi nous assistons aujourd’hui est différent de ce qui se passera dans un an. Elle devient de plus en plus puissante et est en train de dominer les gouvernements nationaux. Elle cherche à étendre ses frontières, à construire un empire et pense à former une armée. Au bout du compte, il lui faudra homogénéiser les cultures européennes et créer une identité unique. Elle a déjà un drapeau, un hymne, une assemblée législative, une force paramilitaire. Elle aime l’idée d’un gigantesque parc à thème plein d’attractions touristiques, mais rejette les attachements locaux forts, car ils menacent le succès du Projet.

Dans l’EUE, de nouveaux règlements sont constamment promulgués, des règles que les gens ne peuvent pas comprendre ou discuter. Parce que « le changement est une bonne chose. Le changement signifie le progrès. » Les technos inventent de nouveaux mots pour créer de nouvelles idées, de nouveaux concepts absurdes. Est-il plus facile d’être obéi quand on n’est pas compris ?

Des slogans simples et réconfortants en public, des règlements compliqués et secrets dans les coulisses… C’est ainsi que la législation anti-démocratique opère sa magie. L’idée que tout changement est un bienfait convient au monde des affaires, car ça veut dire que tout doit être remplacé, ce qui signifie plus de profits. C’est la révolution perpétuelle prônée par les capitalistes, en plus d’être un outil idéal pour que les gens s’endettent et soient par là-même plus contrôlables. La vérité, c’est que certains changements sont positifs, et d’autres non, qu’on a besoin d’un équilibre, mais en ce moment on est traités de passéistes ou de nostalgiques dès qu’on cherche à préserver les choses, ou les remettre en cause. On voit bien ça à travers tous ces gadgets en constante évolution, et dans la lourdeur des règlements toujours nouveaux. Sans compter qu’à une plus grande échelle, la convoitise des terres, des biens, les privatisations conduisent au démantèlement de communautés.

Comment as-tu créé cette Novlangue, ce nouveau langage, si efficace dans ton roman ?

Je l’ai développée au fur et à mesure de l’écriture, c’est venu naturellement, en utilisant certains mots et en déformant leur sens, en ajoutant des expressions puériles, une sorte de « parlé bébé » par endroits, en poussant à l’extrême la façon dont le langage est manipulé de nos jours. ça a été très drôle à faire. Ajouter de la distorsion et du feedback tout en montant le volume, comme King Tubby ! Mais avec des mots à la place du son.

Dans le monde que tu décris, l’Histoire est réécrite. Les héros sont les unificateurs (Staline, Hitler, Merkel, Napoléon…) tandis que Churchill, par exemple, était « un alcoolique, un bandit, farouchement opposé à l’unification. Il a rejeté les progrès accomplis par des hommes tels que le Contrôleur Adolf ou le Contrôleur Joe. » Les Bons Européens sont convaincus que « l’Angleterre n’a jamais existé. C’est un mythe. » Quelle est l’importance de l’Histoire dans la construction du futur ?

Il y a les histoires qui se transmettent à travers les familles et les communautés, et les histoires officielles. Les deux sont sujettes à la déformation, intentionnellement ou non, et nous interprétons les événements selon nos propres convictions. Mais au niveau de l’Etat, il y a d’autres facteurs en jeu. L’Histoire est essentielle dans la construction du futur, à mon avis. Ceux qui détiennent le pouvoir, les richesses et des intérêts dans l’Union Européenne ont été furieux envers ceux qui ont voté pour quitter l’UE à la suite du referendum, ici, en Grande-Bretagne. Ils ont déclaré qu’on était incultes, stupides, perdus, racistes, trop vieux. Ils ne peuvent tout simplement pas accepter la vision de l’Histoire qu’ont les gens, leur interprétation des événements et leur sens de l’identité.

Mon roman White Trash traitait des mêmes préjugés, de cette division qui existe entre ceux qui ont du pouvoir et ceux qui n’en ont pas. L’accusation selon laquelle les vieux seraient en quelque sorte égoïstes et cruels pour avoir voté en faveur du départ de l’UE est révélatrice. Ceux pour le maintien dans l’Union nous ont seriné que l’idée de quitter l’UE était passéiste, qu’elle signifiait être replié sur soi-même, mais ce n’est pas ainsi que la majorité a vu les choses. Voter pour l’indépendance était au contraire être tourné vers l’avenir, se libérer d’un système non démocratique et engager le dialogue avec le monde. Les plus âgés ont été moins effrayés que les jeunes car ils ont vu évoluer l’Union Européenne, ils connaissent son histoire et savent où elle nous entraîne. Où les jeunes ont-ils la chance d’entendre l’histoire la plus honnête ? De la bouche de leurs familles et communautés, ou de la part d’un gouvernement qui fricote avec les banques et les multinationales, une collection de carriéristes qui travaillent pour leur propre gratification ? Ces tentatives de monter les familles les unes contre les autres, de diviser les jeunes et les vieux, sont une honte.

Une Angleterre Libre, loin d’Heartland, existe encore. Ces locaux sont considérés comme sous-éduqués et dangereux par les Bons Européens. « Les Communs ne devraient jamais être livrés à eux-mêmes. » Est-ce une version de l’élite contre le peuple?

Oui, et on constate ce phénomène au-delà de l’Angleterre, et il n’est pas nouveau. Les rois et reines du passé, qui se mariaient entre eux et contrôlaient l’Europe, ont été remplacés par un groupe international qui prêche le libéralisme sans se l’appliquer à lui-même. Ils partagent la même culture élitiste que les anciens propriétaires terriens et les vieilles familles royales, éprouvent un dégoût similaire envers les classes populaires. Je suis sûr que c’est pareil en France, en Europe, et dans le reste du monde.

A propos des rois et reines, que penses-tu de la monarchie au Royaume-Uni ? Ce système ne vous coûte-t-il pas très cher ?

Je pense que la plupart des gens ici aiment bien la reine. ça peut semblait en contradiction avec certaines autres de mes opinions, et ça l’est vraiment, mais je ne suis pas antimonarchiste et je ne voudrais pas voir ce système abrogé. Je ne me sens pas assujetti. Je considère qu’ils n’ont aucun pouvoir politique ; ils représentent une tradition et sont le point de mire de notre pays quand celui-ci est menacé. Je me moque de la monarchie dans son sens le plus vaste, cependant, les propriétaires terriens et tous les autres. La reine représente une continuité que beaucoup de gens apprécient, car elle a traversé tant de différentes époques de notre histoire moderne, et je ne sais pas ce qui arrivera quand elle mourra. La famille royale coûte très cher, mais on dit qu’ils rapportent encore plus à travers le tourisme. Les gens disent que la société serait transformée si nous n’avions plus de roi ou de reine, qu’on pourrait avoir un président comme ailleurs, mais avec qui on se retrouverait ? Tony Blair ? Nick Clegg ? Sir Bob Geldof ? Je préfère de loin Queen Elizabeth. Je suis pratiquement sûr que Johnny Rotten aime la reine, lui aussi.

Un de tes personnages, dans L’Angleterre Libre, affirme : « Le vieil accent saxon des comtés de l’est et du sud était insulté depuis des siècles par l’aristocratie francophile et latine. Les dirigeants européanisés d’avant l’époque imbécile dans laquelle nous vivions avaient alimenté un préjugé racial qui persistait toujours. » Tu penses la même chose ?

Oui. Il y a une grande division dans la langue anglaise, et dans ses accents. C’est la différence qui existe entre « baiser » et « copuler », l’un est un gros mot et l’autre du bon anglais. La monarchie et la haute société étaient souvent étrangères, internationales ; elles restaient entre elles et parlaient un langage différent des masses. Les autochtones étaient considérés comme une classe inférieure, tout comme leur culture, leurs coutumes. C’est encore vrai aujourd’hui. Les riches de ce pays ont toujours considéré que la culture européenne était plus sophistiquée, et quand une nouvelle classe moyenne émergeait, le même schéma se reproduisait parce qu’elle imitait la classe supérieure. Cela nous ramène à l’Union Européenne et la division entre les sentiments des masses et la conduite des riches et de ceux qui détiennent le pouvoir. C’est un très vieux préjugé qui perdure. C’est une vérité mise à nu dans The Liberal Politics of Adolf Hitler.

« Voter pour quitter l’UE n’est pas une fin en soi, c’est un début. »

Selon toi, la seule façon pour les gens de retrouver leur identité, de lutter contre le mépris des élites, d’être libre, c’est de quitter l’Union Européenne ? Le Brexit ne peut pas être une fin en soi…

C’est la seule façon, et voter pour quitter l’UE n’est pas une fin en soi, c’est un début, qui nous permettra certainement de préserver notre identité. Le vote en faveur de la sortie de l’UE a été une défaite cuisante pour l’élite, mais ils sont toujours là, et il nous faut nous battre maintenant pour être sûrs d’aboutir à un véritable Brexit, car ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour ne pas respecter cette décision. Cela implique de quitter le marché unique et l’union douanière, et si l’on y parvient, la lutte intérieure concernera la nature de la société que nous construirons dans le futur. Cela ne change rien. Mais rester dans l’UE aurait été un désastre. Partir à moitié n’entrainerait qu’une faible amélioration.

Dans tes Villages Libres, les habitants sont quasiment auto-suffisants. Des valeurs comme la solidarité, l’amitié, le respect des anciens, ne sont pas des vains mots. Le localisme est-il la solution ?

The Liberal Politics of Adolf Hitler est un roman écolo. Tout y est question de localisme. La décentralisation du pouvoir. Les gens qui travaillent les uns pour les autres, au-delà de motivations pécuniaires.

Puisque les pays n’existent plus dans l’EUE, et que tes rebelles se battent pour la défense de la nation anglaise, le localisme est-il une forme de patriotisme dans ton roman ?

J’ai tenté de lier localisme et patriotisme, parce qu’ils sont la même chose d’une certaine façon, même s’ils s’expriment différemment. ça peut sembler une provocation aux yeux de certains, surtout dans les cercles écolos, de gauche et progressistes, car afficher son patriotisme est toujours vu comme un truc de droite, comme le mal absolu. C’est très bien que les gens soient prudents avec cette notion, mais cette réaction peut aussi être très sectaire en soi. En soulignant ce qu’ils ont en commun, il est possible de rapprocher les gens. Alors oui, le patriotisme s’apparente au localisme et le localisme peut être patriotique.

Durant la campagne pour le referendum, ceux qui étaient pour quitter l’UE ont été accusés de racisme, ce qui t’a mis très en colère. Tu as utilisé la formule dans ton roman. Les Communs sont censés être racistes, et « les racistes remettent en question la centralisation du pouvoir. » Tu nous expliques ?

C’est très facile de traiter quelqu’un de raciste ou de fasciste pour couper court au débat. Il y a des racistes qui ont voté pour quitter l’UE, comme il y a des racistes qui ont voté pour y rester, j’en suis certain. La focalisation des médias sur l’immigration a été une façon de ne pas aborder les questions primordiales. L’autre sujet abordé dans « le débat » a été le commerce. Point barre. Il n’y a quasiment pas eu de discussion sur la direction prise par l’UE. C’est devenu un spectacle télévisuel avec des politiciens se gueulant les uns sur les autres. Pour moi, et la plupart des gens que je connais, l’enjeu du débat a toujours été sur les notions de perte de démocratie, d’identité, sur la nature corporatiste de l’UE. Mais ces insultes, de « racisme » ou « fascisme », perdurent depuis des décennies. Ceux qui profèrent ces termes si facilement en affadissent le sens.

L’UE n’est pas coupable de tous les maux, pourtant. L’Angleterre elle-même, et tous les gouvernements qui s’y sont succédés depuis les années 80 au moins, ont affiché un beau mépris envers les classes populaires, et les prolétaires ont beaucoup souffert avec les lois sur le National Health Service, le transport ferroviaire, l’éducation, les syndicats, les contrats de travail… Quand tu écris à propos de l’EUE : « L’amour débordait tant que le crédit demeurait accessible et que les profits augmentaient », n’est-ce pas une bonne définition de l’Angleterre capitaliste ?

Sans aucun doute. L’establishment britannique et l’establishment de l’UE ne peuvent être séparés. Ce sont les mêmes gens. Les gouvernements du Royaume-Uni ont cherché à transformer le NHS, à privatiser le chemin de fer et le noyau industriel, attaquer les syndicats, et c’est aussi ce que fait l’UE à une plus large échelle. L’Etat britannique nous a impliqués dans l’UE, nous y a enlisés, et a fait campagne pour que nous y restions. Il a cédé notre souveraineté et des milliards de livres venant des contribuables, il a trahi le peuple. Pour lutter contre la libéralisation du NHS et renationaliser les chemins de fer, protéger les salaires en encadrant le travail, eh bien, nous devons quitter l’UE car ses lois et directives s’opposent à de telles démarches, mais nous devons aussi changer de gouvernement. Nous gagnerions beaucoup à une nouvelle sorte de politique, et on dirait bien que c’est ce qui est en train d’arriver. On peut ne pas partager leurs idées, mais les succès du UKIP (Ndr : parti souverainiste très à droite), ou du SNP (Ndr : Scottish National Party : parti de centre gauche qui prône l’idée d’une Ecosse indépendante du Royaume-Uni dans l’UE), les changements au sein du Parti travailliste, représentent de grands bouleversements. Rejeter l’élite de Bruxelles a été pareil que rejeter l’élite britannique.

L’élite d’un pays n’inclut-elle pas aussi les intellectuels, les auteurs, les scientifiques, les poètes…? Ces gens-là sont-ils à rejeter comme ceux qui ont l’argent et le pouvoir ?

Cela dépend vraiment des définitions qu’on en a, et le terme est tendancieux, selon que l’on associe ou non élite à élitisme. Mais ces gens que tu mentionnes devraient vraiment être mis à part. On peut espérer, au contraire, que les écrivains, les poètes et les philosophes soient le plus éloignés possible de l’élite, pour qu’ils puissent se poser les bonnes questions. Mais il existe un mécanisme qui consiste à prendre des gens dans tel ou tel domaine, et les contrôler en leur offrant des récompenses financières et des honneurs. Pas tant en ce qui concerne la science, mais la culture. Les universités sont là pour canaliser la pensée, la contrôler et la réorienter, pour qu’elle se fonde dans l’élite. Si vous obéissez, si vous vous conformez, la vie est beaucoup plus facile.

Qui décide qui est le meilleur dans sa discipline ? Il y a des canons en littérature, par exemple, mais ils sont définis par une classe professionnelle qui impose ses règles, et même sa censure. Cependant, on ne devrait pas rejeter quelqu’un sous prétexte de sa naissance ou de sa fortune, mais écouter ce qu’il dit et chercher à comprendre ce en quoi il croit. Vous pouvez être issu de l’élite, et vous rebeller quand même. Faut être juste.

L’union Européenne n’était-elle pas une belle idée, au départ ? Son but n’était-il pas d’unir les peuples et d’arrêter les guerres ? Si non, pourquoi l’ont-ils faite ? Et pourquoi l’élite demeure-t-elle toujours très attachée à cette idée ?

L’idée de créer un Etat supranational européen date de bien avant la seconde guerre mondiale, même si le besoin de stopper de futurs conflits entre l’Allemagne et la France a été vraiment déterminant. Mais ce sont l’armée américaine et l’OTAN qui ont préservé la paix. C’est peut-être pour cette raison que tant de gouvernements européens en veulent aux Etats-Unis depuis. Il en va de même pour la Grande-Bretagne et la Russie. Faites une faveur à quelqu’un, et il ne vous le pardonnera jamais…

Il y a eu des idéalistes impliqués dans la formation de l’UE, je ne nierai jamais cela, et il y en a encore, mais en tant que personne qui refuse que l’Angleterre et la Grande-Bretagne soient divisées et ne soient plus que des régions d’un empire européen, je la rejette, et je la rejette aussi pour ses tendances politiques.

Il existe un autre argument qui dit que l’UE a été créée pour limiter les acquis sociaux obtenus à la fin de la seconde guerre mondiale, pour protéger le capitalisme et les élites occidentales. D’autres encore prétendent qu’elle a des fondements fascistes. Les Nazis étaient plus des suprématistes blancs que des nationalistes. Ils voulaient créer un superétat européen, mais ont été vaincus par des patriotes qui se sont battus pour sauver leur culture telle qu’elle s’exprimait à travers l’Etat nation. Nous nous sommes battues pour sauver la Grande-Bretagne, la Résistance française et les Forces Françaises Libres se sont battues pour sauver la France, les Russes se sont battus pour sauver la Russie, pas le communisme. Ils l’ont même appelée la Grande Guerre Patriotique. Il y a plein d’opinions différentes au sujet des origines de l’UE, et c’est pas mal d’y réfléchir.

JK2 300.jpgphoto : Jaimie MacDonald
Dans ton roman, tous les Bons Européens partagent la même culture, une sorte de culture remixée et édulcorée. Ils écoutent des versions soft d’Abba, des Rubettes ou Jean Rotten. Les versions physiques, matérielles des livres et des disques sont interdites. La technologie, et notamment la numérisation, sont-elles dangereuses?

La technologie n’est pas dangereuse, mais l’utilisation qu’on en fait peut l’être. Dans le livre, la numérisation a été imposée comme moyen de contrôle social. Les humains ont développé des façons de faire passer l’information aux générations futures, ont tenté de vaincre la mort et le temps, de partager leur expérience et leur savoir, mais les versions numériques des livres, des films, des photos ou de l’Histoire existent uniquement dans le cyberespace. Par accident, ou intentionnellement, l’Histoire pourrait se perdre s’il n’y en avait pas d’archives physiques.

Publier des livres, physiques, et défendre la littérature anglaise, est-ce pour cela que tu as fondé London Books, ta maison d’édition ?

On a commencé London Books parce qu’il y avait tous ces vieux romans qui méritaient d’être publiés, selon nous. J’ai essayé d’y intéresser des éditeurs, et comme ils n’ont eu aucune réaction, on a décidé de les sortir nous-mêmes dans la collection London Classics. Je m’occupe de cette collection et notre but est de produire une série de romans qui sont le reflet d’une littérature oubliée, et rejetée, une littérature consciente socialement, et qui prend ses racines dans et autour du prolétariat londonien. C’est une autre vision de la ville. Si on avait plus d’argent, on aimerait publier plus de littérature contemporaine, donner leur chance à des auteurs émergents issus de la population dans son ensemble, mais nous sommes une petite maison, et nous gagnons notre vie en tant qu’auteurs, alors nous progressons très lentement. Nous voulons représenter une autre tradition, un pan de la littérature anglaise qui a été marginalisée.

Dans The Liberal Politics of Adolf Hitler, l’internet est devenu l’InterZone, un gigantesque réseau social où tout le monde partage la même information au même moment. L’internet n’est-il pas aussi un vaste espace de liberté et de démocratie ?

L’internet est un miracle de la science, où chacun peut, en théorie, contourner les régulateurs. Mais il y a des aspects négatifs. Je pense que c’est simplement une question de temps avant qu’il ne soit taxé et gagné par la surveillance intrusive. C’est déjà le cas, comme on le sait, et si on associe à l’internet une image décontractée, jeans et baskets, les compagnies qui le dirigent brassent des milliards de dollars.

Peut-être faut-il distinguer deux domaines : les opinions et l’information. Toute opinion imaginable peut s’exprimer, mais avec les followers de Twitter et les amis de Facebook, avoir un point de vue différent peut mener à se faire insulter d’une manière qui n’arriverait jamais dans la vie réelle. Des individus peuvent être détruits, et pas seulement par des trolls. Les gens ont peur de dire ce qu’ils pensent. Ainsi, on est plus connectés, et d’une certaine façon plus limités.

Quant à l’information, comment savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas ? Des histoires peuvent être inventées, mises en circulation et considérées comme la vérité. Il semblerait que cela se soit passé sur une large échelle pendant les élections américaines. Je me suis emparé de cette idée dans The Liberal Politics of Adolf Hitler, pour montrer une société où les points de vue officiels sont pris pour argent comptant et où tout type d’argumentation est éliminé sous la pression des autres et le besoin d’auto-préservation de chacun.

« L’intimité était suspecte. » La technologie permet une effrayante surveillance. La terreur est diffuse mais réelle. Tout le monde épie tout le monde. N’importe qui peut être un délateur et appeler les unités Cool ou Hardcore. (Et si je me souviens bien, Londres a été une des premières grandes villes à installer des caméras.) Penses-tu que les gens sont prêts à sacrifier leur liberté au profit de leur sécurité ?

L’idée que les caméras de surveillance puissent arrêter le crime, ou au moins localiser les criminels, est très attrayante. Je pense que la plupart des gens ont tendance à accepter ça comme étant une bonne chose. Mais il faut qu’il y ait une limite. Dès qu’on accepte les caméras, les limites sont dépassées, et c’est encore plus sournois et intrusif avec les ordinateurs et les téléphones portables. ça a conduit à un changement des mentalités. Les gens sont filmés, embarrassés, humiliés sur internet. Ils sont de plus en plus suivis, surveillés à travers leurs appareils. L’intimité n’est plus respectée comme elle l’était auparavant, il y a des espions, des délateurs partout, qui n’attendent qu’à propager des ragots, qu’à dénoncer les gens pour les plus insignifiants des « crimes ». ça devient de plus en plus mesquin. Bientôt, il n’y aura plus nulle part où se cacher, et ça pourrait devenir aussi grave que la privation de sommeil, qui sait. Les gens ont besoin d’intimité, de garder un peu de leurs secrets, ils ne peuvent pas être sur leurs gardes toutes les secondes de leur vie. Sinon, ils vont devenir dingues. Est-ce qu’on peut fonctionner en tant qu’individus si on ne peut jamais se détendre ? On a besoin d’intimité.

Les gens ne se complaisent-ils pas dans une forme de servitude volontaire ? Personne ne nous force à aller au Starbucks ou au MacDo plutôt qu’au pub (dans le roman, les Bons Européens vont au Tenderburger manger du panda). On ne nous oblige pas à acheter le dernier objet connecté ou à regarder des programmes télé débiles.

La plupart d’entre nous veulent une vie facile. Les dictateurs du futur sauront exploiter cette faille, j’en suis certain. Pourquoi faire souffrir les gens et les forcer à lutter contre vous ? Les leaders modernes ne seront pas des idéologues comme l’étaient Hitler et Staline. Les gens voudront les jouets et accepteront d’en payer le prix. Une version remixée de « Sixteen Tons » de Tennessee Ernie Ford (Ndr : chanson américaine de 1955 qui parle des conditions de vie des mineurs de fond, payés en bons d’achat utilisables uniquement dans les magasins de la compagnie qui les employait) sera la musique d’ambiance de tous les centres commerciaux du monde. Plus de souffrance physique mais une pression énorme pour continuer à trimer.

« Regarde ce qui se passe dans le monde, nous sommes capables de justifier les pires crimes. Nous pensons tous avoir raison. Les humains sont aveugles et destructeurs. Plus vite nous disparaîtrons, mieux ce sera pour la planète. »

Rupert, ton personnage de bureaucrate, est une sorte de libertarien. En tant que Bon Européen, il est encouragé à être cruel envers les animaux, à avoir des relations avec des femmes africaines, déportées et éduquées pour son plaisir sexuel. Il n’y a plus de valeurs « morales » dans l’EUE. Ceux qui ont le pouvoir peuvent faire ce qu’ils veulent. Sont-ils encore humains ?

Ils sont humains. Les humains peuvent tout justifier pour excuser leur comportement. C’est ce que fait Rupert en ce qui concerne les animaux et les femmes. Mais il est soutenu par ceux qui l’entourent, ce qui est essentiel. Il se voit lui-même comme étant très moral, bien plus que les Communs. Mais les questions morales sont différentes selon les gens, les sociétés, non ? Les exemples de cruauté envers les animaux et d’exploitation féminine sont cachés derrière l’étiquette « liberté de choix », et encore une fois, c’est ce qui se passe de nos jours. Ces carriéristes du futur ne font que pousser un peu plus loin ce que nous faisons aujourd’hui. Il y a des gens, ici, en Grande-Bretagne, et sûrement ailleurs, qui veulent montrer le mécanisme de l’abattage des animaux, afin d’être « honnêtes » sur la provenance de la viande, pour ensuite justifier le massacre comme étant « humain » et « nécessaire », et surtout comme étant un libre choix – un libre choix que nous faisons. C’est la même chose en ce qui concerne la prostitution et la pornographie. Ces gens-là pensent être de grands moralistes. Regarde ce qui se passe dans le monde, nous sommes capables de justifier les pires crimes. Nous pensons tous avoir raison. Les humains sont aveugles et destructeurs. Plus vite nous disparaîtrons, mieux ce sera pour la planète.

Il y a de nombreuses références à trois romans majeurs dans The Liberal Politics of Adolf Hitler, 1984 de George Orwell, Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Voulais-tu leur rendre hommage ou penses-tu que la fiction est plus efficace que le pamphlet comme lanceur d’alerte ?

La fiction est une excellente façon de faire passer des idées car elle offre une liberté impossible ailleurs. A certains égards, The Liberal Politics of Adolf Hitler est un hommage à ces auteurs. Les livres que tu cites m’ont beaucoup inspiré quand je les ai lus la première fois, mais plus que tout, je trouve qu’ils reflètent la plupart des choses qui se passent aujourd’hui. La technologie est différente, et aucun d’entre eux n’avait prédit l’internet et la numérisation, et c’est peut-être la raison pour laquelle ils sont un peu oubliés maintenant, et pourtant le double langage orwellien, la manipulation génétique chez Huxley et la destruction par le feu des livres et des idées chez Bradbury sont des trouvailles toutes parfaitement pertinentes en 2016.

The Liberal Politics of Adolf Hitler est très proche de 1984 dans sa narration (il est écrit au passé, les personnages personnifient leur fonction, il y a création d’une Novlangue, d’un univers effrayant), mais j’y vois plus d’ironie. Contrôleur Horace est très cynique et parfois très drôle, comme lorsqu’il affirme que « le meilleur Européen était ennuyeux, et conventionnel, et prêt à obéir à n’importe quel ordre. » Ton livre est moins désespéré, non ?

J’ai beaucoup ri en écrivant ce roman, souvent en jouant avec le langage, en montrant les aveuglements dont sont victimes des personnages comme Contrôleur Horace ou Rupert Ronsberger, et le reconditionnement de la culture m’a donné de bonnes raisons de rigoler aussi. J’espère que les gens saisiront l’humour. Alors oui, il est moins désespéré, il emprunte plus à la satire par moments.

Je suppose que c’est le reflet des époques différentes. Orwell l’a écrit peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale, et le monde qu’il a imaginé est enraciné dans cette horreur, alors que The Liberal Politics of Adolf Hitler reflète la vie en 2016, qui est beaucoup plus facile. Ceux qui veulent nous priver de nos droits sont plus susceptibles d’être sans nom et sans visage, leurs actions nous sont promues comme des avancées morales, et il est facile d’accepter leur propagande. Peut-être que la vérité est trop dure à admettre. Le parallèle peut être fait avec le refus des gens de se confronter à la réalité de l’industrie de la viande.

En lisant les descriptions des villes de l’EUE, j’avais l’impression d’être dans le Village du Prisonnier de Patrick McGoohan. Tout est lisse, propre. Tout semble parfait mais vous ne pouvez pas vous échapper et vous ne savez pas pourquoi vous êtes là. Tu aimais cette série télé ?

J’étais très jeune quand elle est passée la première fois, mais j’ai vu des épisodes depuis et je vois bien quelles comparaisons on peut faire, la psychologie, la folie, quelque chose de kafkaïen. Mais j’avais plus en tête Metropolis ou le Truman Show, avec les dômes de la Potzdamer Platz agrandis pour créer les Portes de l’est. Avec un monde à la Orange mécanique juste là, dehors. J’aurais pu y ajouter la tour Trump comme image de la Tour Nacrée (Ndr : Contrôleur Horace vit au sommet de la Tour Nacrée, dans un appartement de grand luxe, à Bruxelles) après les élections américaines.

Comment ton livre a-t-il été perçu en Angleterre ? Tu étais pour le Brexit, mais très éloigné des idées du UKIP sous bien des aspects. N’as-tu pas craint les amalgames ?

Je pense que Nigel Farage et le UKIP ont raison à propos de l’UE. Sans eux, il n’y aurait pas eu de referendum et ça aurait été un désastre pour la Grande-Bretagne. Mais je ne suis pas d’accord avec eux au sujet de la politique intérieure et de leur attention excessive portée à l’immigration. Je n’ai pas peur des amalgames. Il y a des personnes de tous les partis qui ont voté pour quitter l’UE, dont un nombre conséquent de socialistes et d’anarchistes. Le vote pour l’indépendance a traversé les courants. J’ai le sentiment que si le scrutin se tenait demain, la victoire serait encore plus écrasante. Peu de ceux qui ont voté pour le maintien sont pro-UE. Beaucoup ont été influencés par la peur d’un effondrement économique, qui ne s’est pas produit, ou éprouvaient un malaise face à cette focalisation sur l’immigration. Malgré les mensonges du gouvernement, le pays n’est pas divisé.

Je sais que le futur n’est pas écrit, mais ne te fait-il pas du tout peur ? Tu as une confiance absolue en la sagesse de ton peuple ?

J’ai moins peur que si on avait voté pour rester dans l’UE. Si on avait choisi de se maintenir, on aurait légué de plus en plus de pouvoir à Bruxelles, on aurait gaspillé beaucoup d’argent là-dedans, et au final, on aurait fini par passer à l’euro. Je ne veux pas assister à la dissolution de l’Angleterre et de la Grande-Bretagne, et c’est ce qu’il se serait passé en fin de compte – et c’est toujours possible, l’establishment ici fera tout son possible pour ne pas respecter le vote. Je n’ai aucune confiance en notre classe politique pour donner suite au referendum.

Nous avons beaucoup de chance de ne pas faire partie de la monnaie unique. ça signifie que nous pouvons partir relativement facilement. Ce qui n’est pas le cas pour ceux qui sont dans la zone euro. La plupart des gens avec qui j’ai discuté sur le continent ont l’air d’être assommés, comme s’ils avaient laissé tomber. C’est l’impression que j’ai ressentie en parlant avec des amis en France, Grèce, Croatie, Allemagne. Quand la France se rebellera, parce que je suis sûre qu’elle le fera, elle devra affronter de gros problèmes, auxquels nous n’avons pas à faire face. J’ai plus peur pour les Français ou les Grecs que pour les Britanniques.

Dans ton Angleterre Libre, les gens lisent et écoutent du punk rock, ils vont au pub, ils chantent et boivent ensemble, ils ne mangent pas d’animaux et sont proches de la nature, ils sont non-violents mais résistent, ils ont des émotions. Si Heartland est ton enfer, est-ce que l’Angleterre Libre est ton paradis, ton utopie (si l’on excepte qu’ils vivent dans la peur) ? As-tu peur que ce paradis, cette Angleterre que tu aimes, ne soit en train de mourir ? Es-tu mélancolique par anticipation ?

Je ne pense pas qu’une société utopique soit possible, mais je suppose que j’en ai créé une version personnelle d’une certaine façon. Il y a une forme de patriotisme doux qui s’accorde bien avec une politique écologiste et le véganisme, avec des brins d’une pensée venue de l’est combinée à un paganisme local et au socialisme de la chrétienté. J’ai aussi relié les corps anarchistes du Conflit et des SousHumains au punk, et les gars du Wessex et le GB45 plus à une tradition Oï. J’aime des groupes issus de ces deux tendances, ils ont beaucoup en commun. D’aucuns désapprouveront, mais peut-être que mon cerveau fonctionne différemment.

L’Angleterre n’est pas en train de mourir. Elle évolue. Et c’est naturel. Mais c’est mieux d’évoluer selon la volonté du peuple, et de ne pas se plier aux directives des hommes d’affaires et des banquiers, des types qui, à l’autre bout du monde, considèrent Londres comme une opportunité d’investissement. La destruction de Londres et de sa culture est très triste, mais je reste optimiste. J’ai ressenti de l’exaltation alors que le soleil passait sur les toits et que le vote pour quitter l’UE était confirmé. Un frisson m’est passé sur la peau. ça a été l’un des plus beaux jours de ma vie.

Interview en partie publiée dans New Noise n°37 – janvier-février 2017




Ward Churchill, fired by CU a decade ago, to speak at academic freedom conference on Boulder campus

By Elizabeth Hernandez
Daily Camera
April 25th, 2017

University of Colorado professor Ward Churchill, center, moves to leave after speaking at a rally organized by his supporters, including student Nina Kane, right, on March 3, 2005, at the University Memorial Center. CU's Board of Regents fired Churchill two years later for academic misconduct. (Daily Camera file photo)

Ward Churchill, the former University of Colorado professor fired a decade ago in a contentious academic-freedom battle that went all the way to the state Supreme Court, is scheduled to speak on the Boulder campus Saturday.

Churchill and author Alice Dregerbe are the keynote speakers for the American Association of University Professors' Academic Freedom Symposium.

The symposium is from 8:30 a.m. to 4:45 p.m. in the Kittredge Central Multipurpose Room, and is free and open to the public.

Churchill is slated to speak from 1:30 to 3 p.m.

After the Sept. 11 terrorist attacks, Churchill compared some victims of the tragedy to a notorious Nazi in an essay that went unnoticed for several years.

Controversy erupted, and CU's Board of Regents ultimately fired Churchill in 2007 for academic misconduct associated with plagiarism and fabrication in his work.

Churchill repeatedly tried to get his job back. He won a lawsuit against CU in 2009 in which a Denver jury found that CU unlawfully fired Churchill for exercising his right to free speech. But the jury only awarded Churchill $1, and the judge declined to order CU to reinstate him as a professor.

The state Supreme Court heard Churchill's appeal, but ruled against him. Churchill then appealed to the U.S. Supreme Court, but the high court refused to take the case.

"Churchill's dismissal a decade ago from the University of Colorado punctuated the most notorious academic freedom controversy in a generation," the symposium's organizers wrote in a news release. "Even today, the findings of the CU faculty committee —- that Churchill is a serial plagiarist and fraud —- remain uncritically accepted by many in the general public."

The conference is going to examine the state of academic freedom in Colorado and across the country and will feature many speakers from academia and beyond.

Elizabeth Hernandez: 303-473-1106, hernandeze@dailycamera.com or twitter.com/ehernandez


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Other Avenues Are Possible in Slingshot Magazine

By A. Iwasa
Slingshot
April 2017

Written by a participant in the Bay Area’s Cooperative (Co-op) Movement, this book starts strong with a brief Preface and Introduction, followed by a comprehensive history of cooperation, delving back into its evolutionary roots in our ancestors, Homo erectus, some 1.5 million years ago in Africa.

There is at least one note worthy factual error in the first chapter, that Upton Sinclair was governor of California, but it’s really only a passing reference which jumped out to me as a recovering Socialist and general history nerd.  Otherwise, it’s like a condensed version of Sacharoff’s label mate, John Curl’s For All the People, another book on co-ops I’d highly recommend.

With the second chapter, Sacharoff gets into the specifics of Bay Area co-ops including political struggle and even a shooting that ended with one dead and another wounded.  This instantly reminded me of Minneapolis’s Co-op Wars, which Sacharoff goes on to allude to, though not by that name.  I would like to read a more in depth account of this like Storefront Revolution by Craig Cox, and to read more about the specific organizations, the Representative Body and Tribal Thumb, such as with Inside Out by Alexandra Stein, who had been a member of the Minneapolis Co-op Organization after the Co-op Wars.

The scope of co-ops and collectives, from day care centers to a refrigeration maintenance collective and their ongoing legacies are recorded in this work as Sacharoff goes on to describe how some of these co-ops survive to this day.  Subsequent chapters focus on Veritable Vegetable, Rainbow Grocery and Other Avenues.  I think this is all really important information, since we have to figure out ways to survive under capitalism, and develop infrastructure worth using to replace the system.

Sacharoff follows this with a sort of autobiography of her relationship with food, which I thought was pretty cool.  I’m always fascinated by how people’s relationships with their passions evolve.  She gives props to her children for being Food Not Bombsers, which is actually how I know them and in turn found out about this book.  She rounds out the chapter with a few recipes, which along with a couple others in previous chapters, I think is a solid way to make the book accessible to people.

The last couple of chapters deal largely with the nuts and bolts of starting, running and supporting co-ops.  There is also some visioning and comprehensive lists of co-ops and other related resources in the Appendices.

The whole book is methodically end noted for those interested in further research.  It’s a must read for those interested in co-ops and their potential as part of a better world!

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Fire. reviewed in Fantasy and Science Fiction Magazine

by Charles de Lint
Fantasy and Science Fiction Magazine
May 2017

This is only the third book published by PM Press that I've read, the previous ones also being a mix of fiction and non-fiction. One was by Cory Doctorow, the other by Ursula K. Le Guin, both riveting. As is Fire.

In the case of each of these titles, I've only happened upon them, somehow remaining oblivious to the rest of the publisher's large backlist and ongoing publishing plans. Given the other titles listed in the publisher's catalog at the end of this Elizabeth Hand collection, and the quality of the three titles I've read, that's something I need to remedy. Because they're excellent books, of course, but also because of the publisher's mission statement, which appeals to the old hippie/anarchist in me:

"We seek to create radical and stimulating fiction and nonfiction books, pamphlets, T-shirts, visual and audio materials to entertain, educate, and inspire you. We aim to distribute these through every available channel with every available technology, whether that means you are seeing anarchist classics at our bookfair stalls; reading our latest vegan cookbook at the café; downloading geeky fiction e-books; or digging new music and timely videos from our website."

Now, while I appreciate a publisher having an ideological slant, just as I appreciate a writer with something to say, that alone isn't a reason to support them. The best intentions can sometimes result in a heavy-handed discourse. Excellent art can be undermined by a shoddy or unprofessional presentation and/or design. There needs to be substance.

Happily, all three of the titles I've read thus far from PM Press provide exactly that. Substance and edge. And they look great. Smartly designed and easy to read in both paper and electronic editions. And a quick glance at the back catalog I mentioned earlier shows that they work with some of the best and most provocative writers in our field. Writers such as Rudy Rucker, Terry Bisson, John Shirley, Joe R. Lansdale, Karen Joy Fowler, Norman Spinrad, and Nalo Hopkinson, to name a few. And that's not even taking into account the non-genre writers, as well as the broad choice of writers from other fields, so they're certainly doing something right.

It reminds me a little of the latter part of the last century, when publishers had a strong sense of identity and readers would collect work from particular houses—DAW, Ace, Bantam Spectra, Del Rey—because they knew these imprints would deliver the kinds of stories they liked best.

That's the sense I get with PM Press except, instead of a certain style of book—such as how Del Rey was known for great epic fantasy, DAW delivered top notch heroic fantasy and space opera series, etc.—PM Press appears to be creating a community with the singular aim of making the world a better place.

One of the best ways to do that is to understand where the world stands, where it comes from, and where it might be going, and Elizabeth Hand hits every one of those points with Fire.

The fiction (or at least two of the stories) looks ahead to natural disasters, focusing on the small and personal, which makes the greater problems beyond the confines of the characters' lives all that more chilling. The third story, "Kronia," takes us into the confused mind of a time traveler—or perhaps, if we don't take what we're told at face value, the narrator is on the spectrum.

For the nonfiction, Hand profiles Alice Sheldon (James Tiptree, Jr.) and Thomas Disch. A good writer, when writing about the arts, makes you want to experience the work of their subjects, and Hand is very good at what she does, because the whole time I was reading, I wanted to go down to my library and reread books by her subjects while taking in her observations on them.

The lives of both these authors were filled with an unfair amount of tragedy, which makes their artistic accomplishments even more astonishing and poignant.

Rounding out the book is an interview with Hand by Terry Bisson, a bibliography, and a very heartfelt and revealing autobiographical essay in which Hand shows us the events in her life that led her to become the author she is today.

I loved everything about this book, just as I did with the Doctorow and Le Guin titles, and can't wait to explore some more of the PM Press catalog in the months to come. You can have a look for yourself at their website where you'll find not only some great sf but lots of fascinating titles covering everything from music, politics, and Latin America to gender studies and books on the African American and Native American experience.

 

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John M. Elmore

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John M. Elmore


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John M. Elmore is professor and chairperson in the Department of Professional and Secondary Education at West Chester University, Pennsylvania, where he teaches courses in critical pedagogy, politics of education, history of education, and philosophy of education. His research and publications have focused primarily on education for social justice, democracy, atheism, and antiauthoritarianism.

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Out of the Ruins: The Emergence of Radical Informal Learning Spaces
Editors: Robert H. Haworth and John M. Elmore
Publisher: PM Press
ISBN: 978-1-62963-239-1
Published: 2017
Format: Paperback
Size: 9x6
Page count: 288
Subjects: Education/Politics-Anarchism
$24.95

Contemporary educational practices and policies across the world are heeding the calls of Wall Street for more corporate control, privatization, and standardized accountability. There are definite shifts and movements towards more capitalist interventions of efficiency and an adherence to market fundamentalist values within the sphere of public education. In many cases, educational policies are created to uphold and serve particular social, political, and economic ends. Schools, in a sense, have been tools to reproduce hierarchical, authoritarian, and hyper-individualistic models of social order. From the industrial era to our recent expansion of the knowledge economy, education has been at the forefront of manufacturing and exploiting particular populations within our society.

The important news is that emancipatory educational practices are emerging. Many are emanating outside the constraints of our dominant institutions and are influenced by more participatory and collective actions. In many cases, these alternatives have been undervalued or even excluded within the educational research. From an international perspective, some of these radical informal learning spaces are seen as a threat by many failed states and corporate entities.

Out of the Ruins sets out to explore and discuss the emergence of alternative learning spaces that directly challenge the pairing of public education with particular dominant capitalist and statist structures. The authors construct philosophical, political, economic and social arguments that focus on radical informal learning as a way to contest efforts to commodify and privatize our everyday educational experiences. The major themes include the politics of learning in our formal settings, constructing new theories on our informal practices, collective examples of how radical informal learning practices and experiences operate, and how individuals and collectives struggle to share these narratives within and outside of institutions.

Contributors include David Gabbard, Rhiannon Firth, Andrew Robinson, Farhang Rouhani, Petar Jandrić, Ana Kuzmanić, Sarah Amsler, Dana Williams, Andre Pusey, Jeff Shantz, Sandra Jeppesen, Joanna Adamiak, Erin Dyke, Eli Meyerhoff, David I. Backer, Matthew Bissen, Jacques Laroche, Aleksandra Perisic, and Jason Wozniak.

Praise:

“How do we create spaces of learning that will help us to avoid the pitfalls of routine, hierarchy, and passivity? In other words, how do we learn to change the world, together? Those trying to figure this out will enjoy reading about the experiments, strategies, and logics of anarchist education in this rich collection.”
—Lesley Wood, professor of sociology, York University

Out of the Ruins provides a powerful critique of the current state of education—and teaching—by exploring a diverse range of radical pedagogical practices and liberatory educational theories, coupled with on-the-ground case studies of informal alternative learning spaces. Moving beyond simplistic calls for ‘educational reform’ each contributor challenges us in some way to rethink the entire social system as it relates to education, including the ways that inequality and capitalist values shape the prevailing hierarchical, market-driven approaches to learning, teaching, and students.”
—Jake Alimahomed-Wilson, associate professor of sociology, California State University, Long Beach

Out of the Ruins is a timely book that counters current narrow conceptions about the limits of education and challenges neoliberal hegemony within the way we conceive of educational possibilities and building new forms of educational communities that can think outside these parameters. The editors have called forth an international array of cutting-edge scholars that lay bare a powerful critique of narrow conceptions of teaching, learning and education. A must read!”
—Abraham P. DeLeon, associate professor, University of Texas at San Antonio

“Haworth and Elmore tell us that we have a right to a new utopia, a transformative vision of society and interconnectedness where learning supports justice, redefined relations with the rest of nature and the creation of healthy communities. They call this radical informal learning. We might call it the true purpose of learning. The passion, anger and commitment of the contributors can be found on every page.”
—Budd L. Hall, co-chair of the UNESCO Chair in Community Based Research and Social Responsibility in Higher Education, professor of community development, University of Victoria

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The Traffic Power Structure: A Review

By Luther Blisset
Freedom News
April 6th, 2017

This is one of my favorite PM Press books. Compact, loaded, an accessible theoretical dynamite exploding US conceptions of identity and liberty based on automobiles. There are lovely indications of how constructions of liberty and freedom, driving fast on the road, are actually complete systems of domination and control.

Authored by the Planka.nu collective and translated by Gabriel Kuhn, this is a great text for anyone interested in spicing up their direct action with a little theory. By resituating and questioning one of the basic premises of modern culture — the automobile — they offer an excellent model for individuals or groups who want to critique and reframe current political and social currents. There are powerful connections to Ivan Illich and autonomy and some good class analysis.

There are several reasons to get this text. One, the writing and translation are efficient, powerful, and persuasive. There are several bumps, but overall it’s quite tight. Second, unlike bloated or self-aggrandizing theory or political screeds, the TPS authors want you to understand what they are saying so that you, too, can challenge automobility. Third, this is theory from a localised situation of enacted resistance and mutual aid. For direct action groups or individuals seeking to increase their theory or explore ways to articulate or frame their positions, TPS offers a great model.

I love this book and have read it a couple times. Yes, you can find it for free as a PDF, but having the hard copy just feels better.

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Turning Money into Rebellion A Review

By Timothy Kerswell
Journal of Labor and Society
28 March 2017

Turning Money into Rebellion is a collection of writings which cover the history, philosophy, and activities of the Danish Maoist-Third Worldist movement. In the mainstream press, this group were known as the Blekingegade Street Group, but to themselves they were known as Manifest-Kommunistisk Arbejdsgruppe or M-KA, a group which traces its history to the Kommunistisk Arbejdsgruppe (Communist Working Circle) or KAK which the group had separated from. The KAK itself had split from the Danish Communist Party as a result of its leader, Gotfred Appel being expelled from the party for Maoist tendencies. The book presents a great overall sketch of the currents of the Danish left wing and the debates that would propel a unique group of activists on a remarkable journey.

The group's story is a unique tale of selfless internationalism. Both testimony of former members of M-KA and former party documents explain the group's ideological commitment to the “Parasite State Theory” first developed by Gotfred Appel. This theory suggested that the overwhelming transfer of value from the exploited third world to the imperialist first world meant that there was no social base for revolutionary change in the first world. M-KA and its activists answered the question of what first world communists should do through their praxis.

By day they worked as regular office workers and in their remaining time they would conduct internationalist activities, arranging clothes for refugee camps in Africa run by liberation movements and most famously robbing Danish banks and sending the money to third world liberation movements in Namibia, Angola and Occupied Palestine, before finally being arrested in 1989 and serving long prison sentences.

Whatever the reader's opinion is of Maoism-Third Worldism, the story that is compiled by Kuhn and narrated by Lauesen and Weimann is one of utterly selfless internationalism, and of people who lived their beliefs. The reader cannot help but be inspired by this story of a group who placed themselves at personal risk, amassing enormous amounts of wealth only to donate it to worthy anti-imperialist causes.

There are three basic sections of the book. In the first section, the editor Gabriel Kuhn, presents an introduction to the Blekingegade Group. This is followed by an article from some of the group's members, Niels Jorgensen, Torkil Lauesen, and Jan Weimann. Jorgensen sadly passed away in 2008 but was a key member of the group and contributed significantly to one of the chapters.

Kuhn then proceeds to conduct an interview with Torkil Lauesen and Jan Weimann which allows for a deep exploration of the story of their beginnings as political activists, their days in KAK, contacts with the Popular Front for the Liberation of Palestine, political debates over the Sino-Soviet split, the split of M-KA away from the KAK and the associated political debates, and relections on their “illegal practice.”

The book is certainly no nostalgic tour through the past with Lauesen and Weimann often being openly self-critical of aspects of their work and the limits of Leninist “What Is To Be Done?” answers in politics. The anti-imperialist currents of the world, and particularly those in the imperialist countries, would do well to learn from the experiences that Lauesen and Weimann have to share.

The final section of the book is an archive of key documents in the philosophical history of M-KA, starting with the exposition of the parasite state theory by Gotfred Appel and moving into a discussion of the foundation of KAK as well as position papers by M-KA on what they believed communists in imperialist countries should do. The collection of these documents is an important contribution to the history of political ideology and enables a better understanding of one of the earliest forms of Maoism-Third Worldism.

This is a book that should be of interest to all who are interested in anti-imperialist and socialist politics. Gabriel Kuhn has compiled a fascinating account from a group whose contribution to Marxism and internationalism should receive a greater degree of appreciation and recognition than is given to them. In an age of Twitter and Facebook “solidarity,” Turning Money Into Rebellion is a timely reminder that “Solidarity is something you can hold in your hands.”

Biography

    •    Timothy Kerswell is Assistant Professor of Government and Public Administration at the University of Macau. Address correspondence to: Timothy Kerswell, E21 Faculty of Social Sciences, Av. da Universidade, Taipa, Macau SAR, China. E-mail: timothykerswell@umac.mo.



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Nuclear War? Nah. Massive Fires Haunt the Dystopian Future

Geek’s Guide to Culture
Wired
April 8th, 2017

In 2013 author Elizabeth Hand was invited to Washington DC by a think tank that thought her experience writing dystopian science fiction might give her a useful perspective on current climate change challenges. Hand is well-versed in doomsday scenarios, but what she learned at the think tank about the risk of massive fires really startled her.

“We’re not looking at if a mega-fire is going to happen and overtake a major urban area, or a major residential area, it’s a matter of when,” Hand says in Episode 250 of the Geek’s Guide to the Galaxy podcast. “And we are not at all prepared for it.”

Listen to Elizabeth Hand on the Geek's Guide to the Galaxy Podcast HERE.

That knowledge inspired her story “Fire,” about a group of hikers facing certain death in the midst of an apocalyptic forest fire, and also gave her a new appreciation for the scientists and firefighters of the Forest Service.

“These are the good guys, who are working for us—and good gals, the good people,” she says. “And these are the ones whose jobs will be impacted by changes in the current administration.”

Hand says that people tend to be complacent about budget cuts that affect disaster readiness, but that those cuts can easily have dramatic results. Diminished budgets can also mean communities might have to do more to organize preventative measures themselves. “We are not going to be able to depend on the government to help us,” she says. “We’re going to have to learn a certain level of resilience and a certain level of preparedness.”

Listen to our complete interview with Elizabeth Hand in Episode 250 of Geek’s Guide to the Galaxy (above). And check out some highlights from the discussion below.

Elizabeth Hand on optimism:

“My friend Bob Olson had read a novel of mine called Glimmering, which is an extremely dark, dystopic novel that came out in 1997, and opens with things like jihadi terrorists flying an airliner into a lower Manhattan landmark. It was a book where I channeled a lot of my anxiety about the future into it, and then 20 years later found myself living in that future. But anyway, Bob Olson read that book and he called me on it, and he said, ‘You know, this is such a dark novel, and the ending is so dark, and there’s no hope in it at all. Don’t you feel like you have some responsibility as a writer to present—not an optimistic, Pollyannaish vision—but something more hopeful for people to have as a takeaway?’ And actually, I don’t know if I can write that kind of book, so maybe I will leave that to other speculative writers who could maybe come up with things that might have more of an element of optimism in them.”

Elizabeth Hand on science fiction writers:

“I think there are a lot of science fiction writers who are very prescient in writing about various climatological or ecological scenarios, going back to John Wyndham and The Day of the Triffids. There was a whole strain of ecological science fiction in the 1970s—and also very politically astute science fiction. Ursula Le Guin’s work, many people. So I think science fiction writers have done a lot—and are still doing a lot—to popularize notions of change. … But unless the world just completely disappears, like we’re hit by an asteroid and incinerated, it’s not going to end. Nature as we know it will end, species will become extinct, but people will probably survive, for a while. Though they may not want to, in a severely diminished world, a world without polar bears or whales.”

Elizabeth Hand on Obamacare:

“I was miserably underinsured, because I wanted to make sure my kids had insurance, and spent a fortune—I don’t know, $70,000 or something—on insurance that was basically worthless. And then when the Affordable Care Act came around, I immediately signed on, and almost the first thing I did was get a colonoscopy. At the time I was 57. You’re supposed to get one after you’re 50, but I couldn’t afford one. It was $5,000 or something, so I’d gone without one. I got one, and the doctor came back and said, ‘It’s really good that you got this. You’re fine, I’ve taken care of everything, but if you hadn’t done this you would have developed colon cancer probably within a year, and it probably would have progressed very quickly.’ So if I had not been able to afford health insurance through the Affordable Care Act, I might not be talking to you.”

Elizabeth Hand on James Tiptree, Jr. by Julie Phillips:

“It’s one of the few biographies I’ve ever read—if not the only one—that made me cry. She just had such a sad life. I mean, not sad in the sense that she just sat alone in a room. She had a really fascinating life. She worked for the CIA and as a child she traveled to Africa on safaris, but she was just obviously somebody who—she did not identify as a straight woman, and whether or not she would have today been transgender, which maybe she would have been, or she would have come out as being a gay woman or a bisexual woman, she was not able to do any of those things in her lifetime. And she channeled a lot of that rage and grief into her fiction, which is some of the most brilliant fiction of the 20th century.”

 

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Fire. A Review

By Charles deLint
Books to Look For

May 1st, 2017

Fire, by Elizabeth Hand, PM Press, 2017, $13, pb
This is only the third book published by PM Press that I’ve read, the previous ones also being a mix of fiction and non-fiction. One was by Cory Doctorow, the other by Ursula K. Le Guin, both riveting. As is Fire.

In the case of each of these titles, I’ve only happened upon them, somehow remaining oblivi- ous to the rest of the publisher’s large backlist and ongoing publish- ing plans. Given the other titles listed in the publisher’s catalog at the end of this Elizabeth Hand col- lection, and the quality of the three titles I’ve read, that’s something I need to remedy.

Because they’re excellent books, of course, but also because of the publisher’s mission statement, which appeals to the old hippie/anarchist in me:

“We seek to create radical and stimulating fiction and nonfiction books, pamphlets, T-shirts, visual and audio materials to entertain, educate, and inspire you. We aim to distribute these through every avail- able channel with every available technology, whether that means you are seeing anarchist classics at our bookfair stalls; reading our lat- est vegan cookbook at the café; downloading geeky fiction e-books; or digging new music and timely videos from our website.”

Now, while I appreciate a pub- lisher having an ideological slant,  just as I appreciate a writer with something to say, that alone isn’t a reason to support them. The best intentions can sometimes result in a heavy-handed discourse. Excel- lent art can be undermined by a shoddy or unprofessional presenta- tion and/or design. There needs to be substance.

Happily, all three of the titles I’ve read thus far from PM Press provide exactly that. Substance and edge. And they look great. Smartly designed and easy to read in both paper and electronic editions. And a quick glance at the back catalog I mentioned earlier shows that they work with some of the best and most provocative writers in our field. Writers such as Rudy Rucker, Terry Bisson, John Shirley, Joe R. Lansdale, Karen Joy Fowler, Nor- man Spinrad, and Nalo Hopkinson, to name a few. And that’s not even taking into account the non-genre writers, as well as the broad choice of writers from other fields, so they’re certainly doing something right.

It reminds me a little of the latter part of the last century, when publishers had a strong sense of identity and readers would collect work from particular houses — DAW, Ace, Bantam Spectra, Del Rey — because they knew these imprints would deliver the kinds of stories they liked best.
That’s the sense I get with PM Press except, instead of a certain style of book — such as how Del Rey was known for great epic fan- tasy, DAW delivered top notch he- roic fantasy and space opera series, etc. — PM Press appears to be creat- ing a community with the singular aim of making the world a better place.

One of the best ways to do that is to understand where the world stands, where it comes from, and where it might be going, and Elizabeth Hand hits every one of those points with Fire.

The fiction (or at least two of the stories) looks ahead to natural disasters, focusing on the small and personal, which makes the greater problems beyond the confines of the characters’ lives all that more chilling. The third story, “Kronia,” takes us into the confused mind of a time traveler — or perhaps, if we don’t take what we’re told at face value, the narrator is on the spectrum.

For the nonfiction, Hand pro- files Alice Sheldon (James Tiptree, Jr.) and Thomas Disch. A good writer, when writing about the arts, makes you want to experience the work of their subjects, and Hand is very good at what she does, because the whole time I was reading, I wanted to go down to my library and reread books by her subjects while taking in her observations on them.
The lives of both these authors were filled with an unfair amount of tragedy, which makes their artis- tic accomplishments even more astonishing and poignant.

Rounding out the book is an interview with Hand by Terry Bisson, a bibliography, and a very heart-felt and revealing autobiographical essay in which Hand shows us the events in her life that led her to become the author she is today.

I loved everything about this book, just as I did with the Doctorow and Le Guin titles, and can’t wait to explore some more of the PM Press catalog in the months to come. You can have a look for yourself at their website where you’ll find not only some great sf but lots of fascinating titles covering everything from music, politics, and Latin America to gender studies and books on the African American and Native American experience.

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Verita$: A Review

By Harry Targ
Socialism and Democracy
31:1

About 25 years ago I was listening to one of the premier conservative radio pundits claim that the only institution “we” do not yet control is the university. That statement was prophetic in that a profusion of books and articles today reflect the multiple ways in which colleges and universities are being transformed by the neoliberal economic agenda, the pursuit of Science, Technology, Engineering, and Mathematics or so-called STEM-based education, and the seizure of power in higher education by the Koch Brothers.

This new literature, however, is only half correct because as Shin Eun-jung richly documents, the world’s premier university, Harvard, had already established, well before the twenty-first century, the model for a higher education that would serve economic and political ruling classes. Armed with direct childhood experience of state repression of students in Gwangju, South Korea and growing up in a culture that lionized US universities, particularly the image of Harvard, the author provides a detailed narrative of the “model” for the modern university that had its roots as far back as in its participation in the Salem Witch Trials.

Verita$ is a popularly written text that takes the reader through the history of Harvard University addressing most of the issues raised by the burgeoning critical literature on higher education. The author describes in detail the authority structures at Harvard and their very modest evolution since the student protests of the 1960s. The Harvard Corporation and a tiny executive elite have ruled with little regard for faculty, students, or staff input. When protests arose in the 1960s, the Harvard Corporation devolved some measure of authority to separate colleges, but control by the oligarchs remained.

More importantly, in every historical period CEOs at Harvard have been largely handpicked representatives of the economic ruling classes. They have been conscious of the need to train continuing generations of stewards of an oligarchical capitalist system. As one student put it, “it’s hard to say exactly how it happens. But after four years here you feel as though the world has been created to be led by Harvard men” (7).

Verita$ provides a useful historical narrative about the multiple ways in which Harvard CEOs, faculty and students have served the status quo. Harvard graduates and Corporate Board member Cotton Mather served in the 1692 Salem witch trial that convicted George Bur- roughs and sentenced him to death by hanging. Harvard executives, professors, and graduates also figured prominently in the defense of slavery. They actively opposed women workers who went on strike in Lawrence, Massachusetts, in 1912, and Harvard students hit the streets to oppose Boston police who went on strike in 1919. Harvard President Abbott Lawrence Lowell chaired a committee that reviewed and endorsed the judicial ruling to convict and execute Sacco and Van- zetti. Harvard president James Conant welcomed a rich German alum who was a close aide to Adolf Hitler in the 1930s. In the 1950s, while formally opposing McCarthyism, Harvard nonetheless dismissed several radical faculty.

Not only has Harvard been the paradigmatic training ground for generations of young men of the ruling class; it also provides the research and education to cement their class rule. Richard Levins, an idiosyncratic Harvard professor, reported that “Harvard is an organ of the American ruling class whose mission is to do the intellectual labor that class needs” (7).

Harvard scholars were recruited by and had ready access to the White House during the Vietnam War. McGeorge Bundy, Henry Kissinger, Samuel Huntington and others were instrumental in fash- ioning the escalating Vietnam War policy. Kissinger urged President Nixon to launch the brutal Christmas bombing, hitting civilian targets all across North Vietnam in December, 1972, and Samuel Hun- tington, a contract researcher for the CIA in violation of Harvard policy, warned David Rockefeller and other members of the Trilateral Commission in the 1970s of the “excesses of democracy.” Earlier, 1962, he had designed the “Strategic Hamlet Program” that displaced Viet- namese peasants from their homes. Harvard administrators, scholars, and alumni have been involved in virtually every odious movement, policy, and government in modern history, from eugenics to Nazism, to militarism, to the promotion of atomic war, to the development of economic policies referred to as “shock therapy” that impoverished millions of Russians and Eastern Europeans, to sexism, racism, and class exploitation.

To be sure, Harvard has not been the only US university that has served economic ruling classes and imperialism, but it has been the model that most other major institutions follow. And as the author, a South Korean, points out, Harvard has trained the ruling classes of many of the world’s nations and has inspired wealthier families from many of these countries to send their children to Harvard as well.

Verita$ also describes how Harvard financial wizards used its endowment funds for purposes of financial speculation, beginning in the new century, only to experience major losses after the financial crisis of 2008. Researcher and Harvard graduate John Trumpbour cites the observation that “Harvard is a giant financial, stock market, and real estate investment firm that happens to have classes on the side so that it can keep its tax-exempt status” (167).

This case study of the history and political economy of one university, albeit the most prestigious one, adds immeasurably to a knowledge base that can be used by activists who see the need to defend the idea of the university from the neoliberal onslaught. Its contribution could have been even greater if the author added a chapter that explicitly addressed the dominant paradigms influenced by Harvard scholars over major disciplines, particularly since the end of World War II. How did distinguished economists, psychologists, social scientists, and humanists shape what became “legitimate” knowledge in the academy? What approaches to these disciples were shunned by academic researchers? To what extent was the definition of legitimate knowledge shaped to meet the interests of the US and the capitalist system?

Examples are presented as President Conant or Dean Bundy proclaim that Harvard research and teaching must serve the needs of the military/industrial complex. But the question of linking institutional power to knowledge could have been addressed in greater depth.

I am sure Shin Eun-jung would have agreed that academic fields are shaped by paradigms or theories that justify the existing economic and political order. The university is not usually a haven for discussions about the fundamental structures of inequality, racism, patriarchy, the devastation of the environment, or war. In the end, Boards of Trustees, think tanks, university administrators, and federal programs, are committed to a university system that supports the capitalist state. Only limited and circumscribed debate about issues fundamental to economic vitality and political democracy are allowed. Therefore, the university was not created for nor does it prioritize today discussions of fundamental truths.

Verita$, which was written to complement a documentary film of the same name, provides a well informed and historically-based description of America’s premier educational institution. The book demonstrates how Harvard has impacted the world through research, education, and policymaking. Shin Eun-jung, filmmaker, author, and activist, died prematurely at age 40, but her writing and filmmaking leave an important legacy.

# 2017 Harry Targ Purdue University West Lafayette, Indiana targ@purdue.edu http://dx.doi.org/10.1080/08854300.2016.1223886

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